La haine s’affiche sur les grands boulevards
Partout ces tempêtes de bobards
Trouvent écho jusqu’au plus perdu des comptoirs.

Cette minorité, libre de penser,
Outrée de la modernité,
Apeurée de l’étranger,
S’exprime bruyamment, en toute liberté.
Souffle ses mots comme un vent glacé,
S’engouffre là où la faible luminosité,
Puisse faire germer ces idées.

Qu’elle s’exprime n’est pas le problème
La liberté est à chacun.
Mais qu’en face le silence se tienne
Assombrit nos lendemains.

Faire du bruit, de l’audience,
Le malin s’empare de la bienfaisance.
La peur s’infiltre avec aisance,
À travers les fissures de l’ignorance.

Où sont ces éclaireurs ?
Où sont ces défenseurs des esprits éclairés ?
Qui sont les gardiens de la Lumière ?
Et pourquoi sur les plateaux, aucun expert ?
Et pourquoi les tribunes sont-elles vides d’opposants ?

Indignez-vous, disait l’ancêtre !
Acclamé dans les salons mondains,
Personne pourtant ne souhaite en être.
L’espoir que ce sera le voisin.

Pour éviter le bruit nauséabond.
La majorité mise sur la sourdine.
Abandonnant l’âme sensible,
À la haine des furibonds.

Continuez à fuir le débat,
Et seul votre nombril brillera
Quand la flamme s’éteindra.

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