N’est-il pas étrange
Qu’un si petit cuir engrange
Cette euphorie ambiante ?
Une foule bruyante
Éprise d’une conscience nationale
Prête à en découdre tant bien que mal
Pavoise à outrance
Clamant haut et fort son appartenance
L’ivresse des uns l’emporte
Sur l’ivresse des autres.

N’est-il pas étrange
Qu’un si petit cuir rassemble
Aussi facilement
Là où des années d’enseignement
De valeurs, de morales et de discours
Nous divisent de jour en jour ?

N’est-il pas étrange
Qu’un si petit cuir provoque
Une joie démesurée
Une fois au fond des filets
Là où nos réussites, nos avancées
Sont souvent décriées
Au nom de l’intérêt menacé,
ou de l’ambiante morosité ?

N’est-il pas étrange
Qu’un si petit cuir soulève
Autant d’indignés
Lors d’un coup de sifflet
Là où l’irrespect
Est toléré
Là où la violence
Est abondance ?

N’est-il pas étrange
Qu’un si petit cuir attire
Dans une même direction les regards
Là où notre nombril les égare ?

N’est-il pas étrange
Que ce petit cuir aussi vide
Comble autant l’humanité ?


A découvrir l’Edito du mois dernier
A relire : l’Edito de Juin 2015