Qu’entends-je ?

Ce bruit cristallin des verres qui trinquent,
Ces glaçons qui claquent,
L’été est là, envoutant les terrasses.

Tourbillon de robes,
Défilé de chemisettes,
Claquement de sandales sur le pavé,
Panama à l’horizon,
La ville s’enivre sous la chaleur.

Vacancier au ralenti.
Employé pressé cravate au cou,
Coincé dans le métro,
Entre la chemisette hawaïenne humide,
Et le Marcel odorant.

Vacancier fuyant le soleil sous l’ombre d’un parasol,
Nez rougi d’un abus de rosé.
Employé rêvant le soleil loin de la chaleur de son bureau,
Nez rougi d’une clim’ déréglée.

Vacancier à l’arrêt confirmant les dires du bison futé,
Supportant les marmots impatients.
Employé apaisé d’un périph bien vidé,
Sifflotant les tubes de l’été au volant.

Vacancier arnaqué d’un paradis pas si parfait,
Migrants clandestins aux portes de la plage privée.
Employé alléché d’un paradis photoshopé,
Migrants clandestins disparus de sa télé.

Festivals et artifices,
Appelant à la débauche du vacancier assoiffé,
Oubliant la débauche de l’employé,
Tant rabâché tout au long d’un hiver déprimé.

Été, l’extrême opposé de l’Hiver,
Avec autant de similarités.
Tube de l’été ?!