La sonnerie aux morts retentit, les drapeaux des anciens combattants flottent autour des monuments aux morts des communes françaises. Le 11 novembre, anniversaire de l’Armistice de 1918, journée de recueil et d’hommage aux combattants et aux morts pour la France.
Retour sur le symbole de ces commémorations : le Bleuet de France.

D’où vient ce Bleuet ?

À la fin de la première Guerre Mondiale, l’État français se dote de plusieurs organismes afin de venir en aide aux 20 millions de blessés et d’invalides de guerre, mais aussi aux veuves et orphelins de guerre. L’objectif national devient la reconstruction économique, humaine et matérielle. Un tissu associatif et d’initiatives privées se développe dans toute la France.

C’est dans ce contexte que Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt, infirmières au sein de l’Hôpital National des Invalides, organisent dès 1916 la confection des bleuets en tissus et papier journal par les pensionnaires. Dans une volonté d’occuper les journées mais aussi de vendre ces créations dans les rues de Paris et ainsi collecter des fonds pour améliorer leur quotidien.
En 1925 la Fédération Interalliée des Anciens Combattants développe cette initiative et lance la création d’un atelier au sein du pensionnaire. La volonté est de redonner une place active au sein de la société aux invalides de guerre.

Il fallut attendre 1935 pour que l’État officialise la vente des « Bleuets de France » le 11 novembre dans tout le pays et transforme cette fleur de tissus en symbole national.

Pourquoi le Bleuet comme symbole ?

L’histoire n’est pas précise, mais plusieurs sens ont été apportés à ce bleuet pendant les combats.

Le Bleuet est le nom attribué aux jeunes recrues qui portaient le nouvel uniforme français bleu horizon (comme celui de mon arrière-grand-père), qui remplaça petit à petit (de 1914 à 1916) le Bleu et Rouge des anciens soldats. L’uniforme propre de ces nouveaux arrivants sur le front était plus visible que les uniformes boueux des soldats déjà sur place.

Le Bleuet était (avec le coquelicot) l’une des rares fleurs qui poussaient sur le champ de bataille, à travers les cratères d’obus et au beau milieu de la boue des tranchées.

La couleur bleue est aussi une couleur associée à la nation française.

Les voici les p’tits Bleuets
Les Bleuets couleur des cieux
Ils vont jolis, gais et coquets,
Car ils n’ont pas froid aux yeux.
En avant partez joyeux ;
Partez, amis, au revoir !
Salut à vous, les petits bleus,
Petits bleuets, vous notre espoir !

— Alphonse Bourgoin, extrait de Bleuets de France, 1916

Vente du Bleuet par un mutilé de guerre - Paris
Timbre : le Bleuet de France - Wikipédia
Mon arrière-grand père Jean Baptiste - mort en Octobre 1917 (bataille d'Ypres)
Mes arrière-grands parents dont Jean Baptiste en uniforme Bleu Horizon – mort en Octobre 1917 (30 ans) – bataille d’Ypres

Le Bleuet versus le Coquelicot

Si en France le Bleuet s’est imposé comme symbole, les alliés du Commonwealth ont opté pour le Coquelicot rouge.
Aujourd’hui symbole très fort des commémorations et bien plus visible chez les citoyens de la couronne, que les Bleuets français.
Ce coquelicot est évoqué par John Mc Crae dans un poème de 1915 publié par le London Punch : In Flanders Fields

In Flanders fields the poppies blow Between the crosses,row on row, That mark our place; and in the sky The larks, still bravely singing, fly Scarce heard amid the guns below.

We are the Dead. Short days ago We lived, felt dawn, saw sunset glow, Loved, and were loved, and now we lie In Flanders fields.

Take up our quarrel with the foe: To you from failing hands we throw The torch; be yours to hold it high. If ye break faith with us who die We shall not sleep, though poppies grow In Flanders fields.

— John Mc Crae

Dans les champs de Flandre, les coquelicots fleurissent Entre les croix qui, une rangée après l’autre, Marquent notre place ; et dans le ciel, Les alouettes, chantant valeureusement encore, sillonnent, À peine audibles parmi les canons qui tonnent.

Nous, les morts, il y a quelques jours encore, Nous vivions, goûtions l’aurore, contemplions les couchers de soleil, Nous aimions et étions aimés ; aujourd’hui, nous voici gisant Dans les champs de Flandre.

Reprenez notre combat contre l’ennemi : À vous, de nos mains tremblantes, nous tendons le flambeau ; faites-le vôtre et portez-le bien haut. Si vous nous laissez tomber, nous qui mourons, Nous ne trouverons pas le repos, bien que les coquelicots fleurissent Dans les champs de Flandre.

 

En savoir plus sur le Bleuet de France

Au fil des années et des guerres le Bleuet de France est devenu un symbole au sens plus large, ne se cantonnant plus aux poilus, il représente l’aides aux français, soldats et civiles victimes de guerre et de terrorisme mais aussi d’aide aux pupilles de la nation.

http://www.bleuetdefrance.fr